Le Conseil régional des Pays de la Loire réfléchit, par la mise en place d’une expérimentation, à, selon ses propos, « renforcer » l’implication des usagers dans la bonne tenue des locaux. Sans connaitre tous les détails précis de l’expérimentation, cela se traduirait pour les enseignants et élèves de participer aux tâches du ménage. Outre les enjeux majeurs pour l’emploi de nos collègues agents régionaux des lycées, pour la reconnaissance de leur professionnalisme, cette expérimentation très courte (le Conseil régional prévoit une généralisation dès janvier 2026), prévoit de transférer sur des agents de l’Etat dont le Conseil régional n’est pas l’employeur une nouvelle mission, une nouvelle charge (avec des enjeux majeurs sur l’hygiène). Pourtant, l‘article L214-6 du code de l’éducation précise : « La région assure l’accueil, la restauration, l’hébergement ainsi que l’entretien général et technique, à l’exception des missions d’encadrement et de surveillance des élèves, dans les établissements dont elle a la charge. »
Tant de questions, de réflexions que le SNETAP-FSU va faire remonter dans les CA des lycées, au prochain CREA le 25 juin 2025.
Nos collègues de Montreuil Bellay seront concernés dès la rentrée, par l’expérimentation…voici la motion qu’ils ont présenté lors du dernier CA.

QUAND LA PRESSE EN PARLE
Source : Yvan GEORGET et Bruno JEOFFROY,« Nettoyer ce qu’ils salissent » : et si élèves et profs entretenaient les locaux de leur lycée ?, Courrier de l’Ouest, 13/06/2025
Le lycée agricole Edgard-Pisani de Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire, est l’un des trois établissements de la région Pays de la Loire à expérimenter un dispositif visant à faire participer les utilisateurs – élèves, enseignants, agents administratifs – à l’entretien des locaux. En corollaire, la question de la pérennité de certains postes se pose inévitablement.
Le lycée Edgard-Pisani fait partie des trois établissements qui expérimentent les protocoles d’entretien des locaux mis en place par les services de la Région.
La région Pays de la Loire a lancé depuis quelques mois une expérimentation dans trois lycées, dont le lycée agricole Edgard-Pisani de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire). Objectif, selon les termes du conseiller régional saumurois Eric Touron, renforcer l’implication des usagers dans la bonne tenue des locaux. L’entretien des lycées est en effet assuré par des agents de la Région. Ils s’occupent du nettoyage des locaux, des espaces verts pour certains, ou encore de la restauration. Dans le protocole construit par les services de la région, en lien avec le personnel , le test vise à transférer certaines tâches simples aux utilisateurs des lieux : parmi eux, les enseignants, donc, les élèves ou encore les agents administratifs.
En plus du lycée agricole de Montreuil-Bellay, l’expérimentation est suivie par un lycée de Loire-Atlantique et par l’Établissement régional d’enseignement adapté Les Terres rouges de Saint-Barthélemy-d’Anjou. C’est un dispositif qui est juste testé. C’est évolutif et amendable , assure le conseiller régional. Dans les faits, le protocole prévoit que les usagers participent à certaines tâches seulement. Cela comprend par exemple l’aération des locaux, le nettoyage des tableaux, le fait de vider les corbeilles… Cela relève juste du vivre-ensemble, du bon sens et du respect que les usagers doivent aux agents d’entretien dont c’est le métier , relativise Eric Touron, qui précise que ces derniers pourront ainsi se consacrer à des tâches plus importantes.
C’est aussi une manière de responsabiliser davantage des utilisateurs de ces lieux . Entre chaque passage des agents dans le foyer des élèves, il leur sera par exemple demandé de ramasser les papiers qui traînent par terre ou de passer un petit coup de balai. Ou encore de nettoyer le four à micro-ondes ou ponctuellement laver les tables ou les chaises. Finalement de nettoyer ce qu’ils salissent. Ce sont des petites choses qu’ils peuvent faire. Ce n’est pas une révolution non plus , estime Eric Touron.
À la question de savoir si une telle redistribution des tâches aura un impact, à terme, sur le nombre d’agents de la région, l’élu se veut rassurant. Ils pourront se concentrer sur des missions plus essentielles. Et ce n’est à ce stade qu’une expérimentation, même si des craintes ont été exprimées par les représentants des personnels enseignants . Une motion a en effet été lue lors du dernier conseil d’administration du lycée Pisani à ce sujet. C’est vrai que ce n’est pas leur job, ils sont avant tout là pour enseigner. Mais c’est aussi une question de bon sens , explique Eric Touron, qui a pris note de ces remarques en s’engageant à les transmettre à la Région.
Dans cette motion, plusieurs inquiétudes ont été exprimées, liées notamment à des locaux plus spécifiques comme l’infirmerie mais aussi à la spécificité d’un lycée agricole, qui voit ses élèves aller et venir à l’extérieur pour des travaux pratiques. La dernière remarque porte sur l’opportunité d’une expérimentation à cette période de l’année, alors que le lycée compte déjà beaucoup moins d’élèves et de personnels enseignants, à quelques semaines des vacances scolaires et en pleine période d’examens. Ils demandent que le dispositif soit testé plus longtemps. Ce sera probablement prolongé jusqu’aux vacances de la Toussaint pour, si cela est probant, être généralisé dans tous les lycées en janvier 2026 ou en septembre 2026 , indique Eric Touron. En corollaire, se pose inévitablement la question de la pérennité de certains postes d’agents.
L’Établissement régional d’enseignement adapté Les Terres rouges de Saint-Barthélemy-d’Anjou a expérimenté les nouveaux protocoles pendant trois semaines.
Expérience terminée aux Terres Rouges à Saint-Barthélemy-d’Anjou
La Région a également choisi l’établissement régional d’enseignement adapté Les Terres Rouges à Saint-Barthélemy-d’Anjou. L’expérimentation est terminée. Elle a duré trois semaines. Pour chaque fiche de poste, les intervenants (équipe éducative, élèves, agents) devaient faire remonter leurs observations sur la faisabilité, tant sur les moyens à disposition que sur le temps dévolu pour remplir la tâche. On sent très bien la difficulté pour la direction de l’établissement d’évoquer cette expérimentation mise en place par la Région.
