CSA REA des Hauts-de-France du 3 novembre 2025 :

L’improvisation menace l’avenir de l’enseignement agricole public

Le Comité Social d’Administration Régional de l’Enseignement Agricole (CSA REA) du 3 novembre 2025 a révélé une nouvelle fois les dysfonctionnements structurels et le manque de concertation qui pèsent sur l’enseignement agricole public en Hauts-de-France. Entre une carte des formations élaborée dans l’urgence, des moyens constants insuffisants et des décisions prises sans dialogue avec les équipes pédagogiques, l’avenir de nos établissements est plus que jamais en danger.


Déclaration liminaire de L’Élan commun :

Une carte des formations improvisée, sans vision ni concertation

L’absence de calendrier clair.

La carte des formations, pilier de l’offre éducative de nos établissements, est désormais définie dans des conditions chaotiques. Les chefs d’établissement sont contraints de proposer des formations dans l’urgence, sans pouvoir respecter les étapes démocratiques essentielles, comme le passage en Conseil d’Administration avant transmission à la DRAAF-SRFD. Cette précipitation est aggravée par des moyens constants, drastiquement restreints, qui ne permettent ni réflexion stratégique ni planification sereine.

Un refus de vote ignoré.

Lors du CSA REA, Élan commun a exprimé un « refus de vote » face à l’improvisation de la DRAAF-SRFD. Pourtant, cette position a été considérée comme une simple abstention, la seule option reconnue par le préfet. Pire, la DRAAF-SRFD a omis de rappeler l’, qui stipule que la convocation doit préciser les points soumis au vote. Cette omission a empêché les membres du CSA REA de préparer et d’échanger en amont sur l’évolution de la carte de formation.

Un manque de concertation récurrent.

Pour la deuxième année consécutive, aucune concertation n’a été organisée avec les chefs d’établissement concernant l’évolution de la carte de formation. Cette situation, déjà dénoncée l’an dernier, crée des , sans que des mesures correctives ne soient mises en place par la DRAAF-SRFD.

Des moyens constants insuffisants et des effectifs en tension

Des postes non pourvus et des dotations en baisse.

Trois postes restent non pourvus : Bio-Eco à Abbeville, Agroéquipement à Airion et Ribécourt. La Dotation Globale Horaire (DGH) est en baisse de 530 heures, soit moins que prévu (-1,3 ETP), grâce à la dynamique des effectifs. Cependant, cette situation reste préoccupante, notamment pour les établissements en difficulté.

L’inclusion en recul.

Aucune dotation AESH ne peut être attribuée à la rentrée de septembre avant une estimation des besoins. Les besoins n’ont pas augmenté pour les établissements publics, et certains voient même leur dotation réduite. En un an, le nombre d’AESH est passé de 69 à 60-61, avec 9 AESH en moins (démissions, fins de CDD, licenciements (3 à 4)). Deux établissements sont particulièrement visés : Lomme et probablement Crézancy. Les problèmes persistent également pour la gestion des examens avec aide AESH.

Une note de service ignorée. Pourtant, la note de service (NS) d’octobre 2024, révisée par la DGER pour , reste lettre morte sur le terrain. Les dysfonctionnements sont graves et persistants : Des (6h, 9h ou 12h pour les accompagnements mutualisés), en violation directe de la NS 2024, qui précise que le volume horaire doit être déterminé par l’équipe pédagogique en concertation avec la famille.

Un mépris des règles et des besoins. La note de service est pourtant claire : « Dans le cas d’une suppression du besoin, l’employeur doit vérifier, avant toute procédure, l’absence de besoin nouveau ou de notification en attente » (article III.10). Ces aggravent les conditions d’accueil des élèves et face à ces dysfonctionnements.

Des effectifs contrastés.

En Hauts-de-France, les effectifs sont en légère hausse (+0,5 %), contre +1,6 % au niveau national (hors enseignement à distance). Certains établissements, comme ceux de la Haute-Somme et de l’EPL62, affichent de bons résultats, notamment en Seconde GT et en BTSA. En revanche, Crézancy perd 20 élèves, avec des sections de BTSA comptant moins de 10 élèves, ce qui pose la question de leur pérennité.

L’apprentissage et la formation continue en difficulté

Un tassement de l’apprentissage.

Depuis la , l’apprentissage a connu une dynamique positive, dépassant le cap du million d’apprentis. Cependant, depuis 2025, un tassement est observé, avec une baisse de 2,7 % au niveau national. En Hauts-de-France, la , ce qui signifie moins de financements pour les centres. Les subventions, déjà en baisse, aggravent cette tendance.

La formation continue en crise.

Les CFPPA, qui assurent principalement des formations diplômantes longues, ne réalisent que . Ce chiffre, très en dessous des attentes, laisse présager des tensions à venir.

Des problèmes structurels persistants

Cyberattaque : des conséquences persistantes et des conditions de travail dégradées.

L’administration a annoncé que les postes de travail avec accès internet étaient désormais récupérés. Pourtant, la situation reste critique pour les établissements ayant migré vers le nouveau réseau il y a plus d’un an, où la récupération des données s’avère bien plus complexe.

Des établissements toujours paralysés. Le SNETAP-FSU, membre de l’Élan commun, alerte : plusieurs établissements sont encore bloqués, avec des cours perturbés et des conditions de travail épuisantes et anxiogènes pour les équipes. Les retards dans la résolution de ces dysfonctionnements aggravent la charge mentale des personnels et nuisent à la qualité de l’enseignement.

Une demande urgente de clarification. Face à cette situation, le SNETAP-FSU a exigé la publication d’une note de service précisant les règles d’utilisation des réseaux, du numérique et des ordinateurs personnels. Cette mesure est indispensable pour sécuriser les pratiques et éviter que de telles crises ne se reproduisent.

L’exploitation agricole de Le Quesnoy en difficulté.

L’exploitation agricole de Le Quesnoy fait face à des problèmes financiers, de gouvernance et d’attractivité du poste de Directeur d’Exploitation Agricole (DEA). Le , car il faudrait reprendre les projets et objectifs différemment.

Conclusion : Un avenir incertain pour l’enseignement agricole public

Le CSA REA du 3 novembre 2025 a confirmé les craintes des personnels et de l’Élan commun : l’enseignement agricole public est en danger. Entre une carte des formations improvisée, des moyens insuffisants et un manque de concertation, les établissements peinent à assurer leur mission éducative. Il est urgent que la DRAAF-SRFD prenne ses responsabilités et engage un dialogue constructif avec les équipes pédagogiques pour garantir un avenir serein à l’enseignement agricole public en Hauts-de-France.

Ensemble restons mobilisés et restez informés !

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