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La jungle de la mixité ou plutôt du mixage.

La loi dite Pénicaud portant sur le choix de son avenir professionnel a changé le rapport entre la formation initiale scolaire et l’apprentissage. Chez nous, dans l’enseignement agricole public, la présence des 3 voies de réformes dans les EPL amène des directions, des DRAAF et, bien sûr, la DGER a envisagé le mixage des publics initiaux scolaire et apprentissage…

 

Attention, la loi n’a rien changé et encore moins cadré sur le mixage des publics !

Cette loi rend juste plus facile l’ouverture de formation en apprentissage, il suffit de dire « j’ouvre » et ensuite d’attendre une certification qui, de toute façon, ne fait pas entrer en compte la pédagogie. Pire, l’OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé) et le comité de gestion des programmes s’occupant du programme « agriculture, industrie agro-alimentaire » ne fait intervenir que les services financiers de la DGER. Les représentant·es du système éducatif sont absent·es des consultations sur le financement et les nouveaux programmes de l’apprentissage.

Le gouvernement peut se féliciter de la multiplication des contrats d’apprentissage car il a détruit toutes les barrières qui garantissaient la place des matières générales, la possibilité de poursuite d’études mais aussi l’indépendance de la formation de l’employeur.

Il ne reste que l’employabilité à court terme.

Et le mixage ?

Le mixage des publics n’est pas dans le texte. C’est la jungle !

Un financement d’apprentissage ne peut financer des heures d’enseignements lycées que sous forme de vacations…

Le rythme du mixage est calé sur le rythme d’apprentissage car sinon, le contrat d’apprentissage n’est pas valable.

Les entreprises souhaitent, très souvent, garder la partie pratique chez elle car elle permet de faire travailler l’apprenti·e mais que faire des voies scolaires ?

Comment évaluer simultanément des élèves qui n’ont pas la même formation (classe ou entreprise) et pas le même évaluateur (employeur, formateur, enseignant) ?

Enfin, quel statut pour les élèves, ils·elles dépendent d’un employeur (salarié·e), de la vie scolaire (élèves ou étudiant·es), du règlement intérieur du lycée, de l’UFA (exCFA pour les Hauts-de-France) ou du code du travail…

La jungle…

Dans chaque établissement où le mixage est mis en œuvre, c’est la jungle, il n’y a jamais de réponse lisible. C’est le règne du rapport de force et de la gestion de crise. On est très loin de l’innovation pédagogique…

La plupart du temps, on met en place un planning de l’apprentissage et on s’arrange, tant bien que mal, de faire entrer la formation initiale scolaire au mépris des élèves qui ont choisi l’initial scolaire et qui se retrouve de fait en apprentissage la plupart du temps.

En conclusion

Si l’EPL peut demander par centre des ouvertures de formation, le rythme de celle-ci se décide par centre. Si une formation existe en scolaire et en apprentissage, c’est le conseil de centre et le conseil intérieur qui décide indépendamment du rythme de chaque formation. Si l’avis d’un de ces conseils est défavorable, le CA ne peut valider le mixage !

Un EPL n’a aucun intérêt pour les élèves, les apprenti·es ou les agent·es d’entrer dans le mixage. Seule la DRAAF et la DGER ont un intérêt à ce type de manœuvre pour faire croire que des formations fermées par le Ministère existent toujours.

Le seul résultat concret du mixage est la jungle de la dérèglementation.