Rappel des faits: suite à une grève le 3 octobre 2019 des personnels  très inquiets des conditions dans lesquelles la rentrée s’effectuait, une rencontre entre le SRFD a été organisée avec les enseignants et le SNETAP. En voici le compte-rendu.

Les enseignants font un tour de table afin d’évoquer leurs inquiétudes sur le manque DGH. La lettre des dysfonctionnements est mise sur la table

  Loin de rassurer, le SRFD présente le contexte de la « réforme » ( cf. NS d’avril 2019). L’objectif de la DGER est assumé : augmenter le recrutement avec moins de DGH (-1% : cible 2022). Tous les dédoublements étant indicatifs, nous n’avons plus que nos yeux pour pleurer.

Toutes les questions de manque de DGH sont renvoyées : « C’est au local de faire des choix, vous devez avoir des priorités ». Les collègues traduisent bien : « si vous voulez des demi-groupes, il faut moins d’options. Si vous voulez des options, ils faut s’assoir sur les demi-groupes. » Tout cela en « faisant des choix dans les équipes », alors que les collègues découvrent le 10 octobre la DGH et le cadre de la réforme.

Deux cas symbolisent ce dialogue impossible qui met clairement les discours de bonnes intentions de la DGER en contradiction ( sur la sécurité et sur les salles trop petites) :

1. Un enseignant d’aménagement paysager se plaint de faire des TP à 20 élèves de bac pro alors qu’il y a utilisation d’outils coupants. L’administration lui conseille de faire un planning annuel pour « prioriser » quels TP sont effectivement dangereux, car il n’est pas question de dédoubler de manière automatique. ça c’était « avant ». On ne sait toujours pas combien de TP il va pouvoir dédoubler, ni quel collègue aura moins d’heures pour lui permettre de.

2. Une collègue d’informatique fait remarquer que la salle n’a que 16 postes pour sa classe de 19 élèves (non dédoublée). L’administration lui apporte plusieurs réponses : 2 ordi en plus (qui fonctionnent mal), et surtout, le joker qui tue : « on a vérifié, dans les 19 élèves, il y a un redoublant qui a eu une bonne note en informatique l’année dernière, donc on peut lui proposer de ne plus venir en cours. Cela vous fera 18 élèves pour 18 postes. » No comment.

Alors, après ces exemples, on peut nous parler pendant des heures « d’intelligence collective », de « mise en réseaux », de « rapprochement avec les besoins de territoires », de synergie, d’innovation pédagogique », etc.

Toutes nos inquiétudes de fin d’année qui nous ont conduit à un mouvement social fort et inédit se concrétisent aujourd’hui dans nos établissements en cette rentrée. Et ce pas fini !