Après la baisse mortifère des moyens pour la formation continue, que nous avions dénoncé il y a quelques jours, l’annonce d’une baisse de 88 % de la dotation destinée à l’apprentissage pour l’année en cours constitue un véritable coup de massue pour l’apprentissage public.
Le SNETAP-FSU avait dénoncé dès 2018 la mise en œuvre de la loi Pénicaud, qui marchandisait l’apprentissage en le soumettant aux logiques de concurrence et retirait aux Régions leur rôle de pilotage et de financement des contrats d’apprentissage.
Jusqu’à présent, les Régions conservaient néanmoins une enveloppe de 268 millions d’euros (montant 2025) versée par l’État afin de soutenir le fonctionnement et les investissements des CFA.
La coupe budgétaire sans précédent, qui fait passer l’enveloppe de l’État de 268 à seulement 33 millions d’euros, aura inévitablement de lourdes conséquences pour les établissements, les personnels et les jeunes en formation.
Cette décision risque d’entraîner le report ou l’abandon d’investissements indispensables ainsi qu’une dégradation des conditions d’enseignement et d’accompagnement. Elle menace également directement l’emploi d’agent·es qui assurent au quotidien le fonctionnement et la qualité du service public de formation.
Après avoir présenté l’apprentissage comme une priorité nationale et financé massivement son développement sans contrôle ces dernières années, le gouvernement opère aujourd’hui un brutal désengagement financier. Une telle politique fait peser sur les Régions et les établissements la responsabilité de compenser des moyens supprimés par l’État, au risque d’accroître les inégalités territoriales et de fragiliser durablement l’offre publique de formation.
Le SNETAP-FSU considère que la formation professionnelle continue et l’apprentissage dispensés par le service public ne peut être sacrifiée au nom de logiques strictement comptables. Elles constituent un investissement indispensable pour l’avenir des territoires, l’emploi, les transitions écologiques et agricoles, l’égalité d’accès à la qualification et l’émancipation des publics les plus fragiles. L’avenir des jeunes, la qualité des formations et les conditions de travail des personnels ne peuvent être les variables d’ajustement des politiques d’austérité budgétaire.
