Depuis l’annonce, en novembre dernier, d’une nouvelle baisse des moyens alloués à l’Enseignement agricole public en Nouvelle-Aquitaine, le SNETAP-FSU ne cesse d’exiger des explications claires sur les raisons de cette décision. Cette diminution ne concerne pourtant que deux régions en France : la Nouvelle-Aquitaine et la Bourgogne – Franche-Comté.
Face à cette situation incompréhensible et lourde de conséquences pour les établissements, les personnels et les élèves, nous demandions la tenue d’un CSA REA afin de garantir un dialogue social transparent et loyal.
La première réponse de notre autorité académique a été un refus pur et simple.
Il aura fallu une intervention directe auprès de la DGER pour dénoncer la dégradation du dialogue social en Nouvelle-Aquitaine afin que la DRAAF accepte finalement – manifestement sous contrainte – un échange d’une heure en visioconférence avec les organisations syndicales.
Après plusieurs reports et épisodes révélateurs du peu de considération accordé à ce dossier, cette réunion s’est finalement tenue le 12 mai dernier, en visioconférence et en présence d’un représentant de la DGER.
Étaient présent·es :
– DGER : M. MONTESINOS (Sous-directeur des établissements, des dotations et des compétences)
– DRAAF / SRFD : Mme ALAVOINE (Directrice régionale), M. HERBRETEAU (Chef du SRFD), Mme DELGOULET (Adjointe au SRFD)
– Élan Commun : Laurence DAUTRAIX, Alain GODOT, Yannick LE BLANC, Hervé REBIC, Flavien THOMAS
– FO et UNSA étaient également représentés – La CFDT en visio.
1 – Un dialogue social toujours plus dégradé
En ouverture de la réunion, le SNETAP-FSU a rappelé son exigence d’une véritable reprise du dialogue social avec les services de la DRAAF, dialogue qui n’a sans doute jamais été aussi pauvre et dégradé en Nouvelle-Aquitaine.
Nous pouvions espérer que la présence de la DGER permette de rappeler quelques règles élémentaires de fonctionnement démocratique et de respect des représentant·es des personnels. L’illusion a été de courte durée.
Le sous-directeur de la DGER, qui manifestement connaissait la faiblesse de ses arguments et savait la décision prise plus que contestable, a en effet rapidement indiqué qu’il « n’était pas là pour [nous] convaincre », que « personne n’est propriétaire de la DGH » et qu’il n’avait pas dit que « tout allait bien dans le meilleur des mondes» avant d’annoncer son départ… au bout de quinze minutes de réunion. En miroir, il était évident qu’il n’était pas là pour nous entendre et n’avait aucune volonté de s’écarter de sa logique comptable.
De son côté la Directrice régionale estimait qu’ils « ne peuvent pas faire des séquences de 2 ou 3 heures de réunions, [leurs] calendriers ne le permettent pas », qu’il est déjà bien d’avoir cette visioconférence et que « si cela ne vous convient pas vous pouvez partir, ce n’est pas un problème pour moi » … et d’ajouter « avec vous quelque soit la méthode qu’on utilise ça ne vous convient pas » ou encore « quand on vous propose une réunion la moitié d entre vous n’est pas disponible ».
Ces propos dédaigneux et ce désengagement illustrent à eux seuls le peu de considération accordé aux inquiétudes exprimées par les personnels et leurs représentant·es.
Seul point positif à retenir : la DRAAF accepte finalement l’ajout d’une troisième réunion intermédiaire du CSAU-REA durant l’année scolaire. Une avancée minimale, obtenue après plusieurs mois de mobilisation syndicale du SNETAP-FSU.
2 – Les raisons de la nouvelle baisse de moyens restent floues et contestées
Le SNETAP-FSU a ensuite interpellé la DRAAF et la DGER sur les raisons de la baisse de moyens imposée pour la deuxième année consécutive à la Nouvelle-Aquitaine, alors même que la DGH nationale augmentera de plus de 9 000 heures en 2026.
Nous avons rappelé notre opposition totale à cette décision, qui entraînera notamment la suppression de 4,3 postes dans l’enseignement public, sur la base d’effectifs élèves que nous contestons fermement.
Si nos autorités administratives reconnaissent l’existence d’écarts entre les chiffres régionaux et nationaux, elles persistent à les qualifier de « marginaux », tout en restant incapable de nous les présenter immédiatement.
La DRAAF et la DGER expliquent fonder leur analyse sur deux critères :
– l’évolution des effectifs sur trois ans ;
– le volume moyen de DGH par élève, avec un objectif fixé à 78 heures par élève.
Selon elles, ces deux indicateurs seraient défavorables à la Nouvelle-Aquitaine et justifieraient donc la baisse des moyens.
Le SNETAP-FSU, après avoir dénoncé les différences entre les chiffres nationaux et régionaux, a pourtant rappelé avec force que la répartition des moyens ne peut pas être réduite à une logique comptable aveugle. Elle doit également prendre en compte les réalités et les spécificités territoriales. Or, la Nouvelle-Aquitaine représente la plus vaste région agricole de France ; un territoire plus étendu que plusieurs pays européens ; une grande diversité de territoires ruraux et urbains, du plateaux de Millevaches à l’île de Ré en passant par les pins des Landes jusqu’aux Pyrénées ; un maillage important de formations et de filières différentes et spécifiques réparties sur l’ensemble du territoire ; des résultats aux examens et des taux d’insertion professionnelle supérieurs à la moyenne nationale.
Malgré ces arguments, aucune remise en question n’a été engagée.
La baisse de DGH est donc confirmée, en contradiction totale avec les ambitions affichées par la récente loi d’orientation agricole et sans même que la DRAAF accepte de réexaminer ses calculs à partir des éléments que nous avons apportés.
La DRAAF ne fait que constater, après les avoir incitées, les fermetures de 3 BTSA « coeur de métier » tout en étant incapable de présenter une vision stratégique régionale de long terme.
3 – Et sur les conséquences concrètes des suppressions de moyens … il faudra encore attendre
Faute d’obtenir des réponses satisfaisantes sur les causes de cette suppression d’ETP, le SNETAP-FSU a exigé des précisions sur ses conséquences concrètes : nombre de postes supprimés ; baisses de quotité pour les agent·es contractuel·les ; suppressions de classes, de sections ou d’options ; impact réel dans les établissements dès la rentrée 2026.
