Un CAEN sans avancée sur la carte des formations

La FSU a insisté sur la nécessité que l’instance permette un débat réel, pris en compte dans les décisions, associant représentant·es des personnels, élu·es et usager·es, et ne se limite pas à la présentation ou à la justification des orientations nationales et de leur répartition de moyens. C’est l’un des leviers pour faire entendre les besoins des jeunes et des personnels et proposer, de manière collective, les voies pour y répondre au mieux, notamment au niveau régional. M. le recteur s’est dit favorable à un second CAEN annuel afin d’approfondir certains des sujets évoqués dans notre déclaration.

En préambule, nous avons réaffirmé notre opposition aux restrictions budgétaires qui pèsent durablement sur l’Éducation nationale. Les questions de la revalorisation des salaires, des carrières et des conditions de travail des personnels doivent de toute urgence être pleinement prises en compte, en reconnaissance des missions réalisées et dans l’optique de l’attractivité des métiers et de la qualité du service public. Nous avons également alerté sur les conséquences des évolutions des concours, menacés par les contraintes budgétaires, leur insuffisance et la déqualification qu’elles induisent ?.

Sur l’école inclusive, la FSU a rappelé que cette ambition méritait mieux qu’un traitement par les restrictions budgétaires, dont les élèves et les personnels paient les conséquences, et qu’elle devait être pensée en interrogeant également la politique de l’ARS. Elle a dressé le constat alarmant de la pénurie d’AESH dans les départements : des agent·es précarisé·es, parfois méprisé·es, et pourtant indispensables à la réussite de cette politique, à qui il est refusé l’octroi d’un statut de fonctionnaire.

La FSU a également alerté sur les questionnements soulevés par la baisse démographique, qui devrait entraîner, selon le rectorat, une diminution de plus de 120 000 élèves dans les dix ans à venir. Nous avons relevé que, pourtant, nous constatons chaque jour que nos classes ne désemplissent pas, avec des effets encore plus critiques cette année en 5e et 4e, en ULIS ou en STMG, qui voient leurs effectifs augmenter alors que des classes ont été fermées. Autant d’éléments pour insister sur l’importance de profiter de cette baisse pour améliorer les conditions d’accueil et d’enseignement.

Nous avons affirmé notre opposition aux remises en cause des RPI, au recul de la scolarisation des enfants de moins de trois ans et à l’utilisation d’arguments de gestion ou d’économie déguisés en justifications pédagogiques ou environnementales, particulièrement en milieu rural. Nous avons au contraire insisté sur l’intérêt d’un dialogue ouvert et transparent renforcé autour de ces unités territoriales. Dans le second degré, alors que la Région Nouvelle-Aquitaine a affirmé vouloir conserver l’ensemble des établissements, la FSU reste attentive aux propositions sur lesquelles la collectivité travaille. En complément, la FSU a rappelé l’urgence d’investissements dans le bâti scolaire, notamment pour mieux s’adapter aux changements climatiques. Elle a insisté sur le contrôle renforcé des financements publics accordés à l’enseignement privé, alors que les moyens du service public restent contraints et que la mixité des publics est un facteur important de cohésion sociale, de sérénité des établissements et de réussite de toutes et tous les élèves.

Concernant la carte des formations professionnelles, la FSU a exprimé de fortes réserves sur certaines fermetures et réductions de capacités. Elle a mis en évidence les incohérences des indicateurs utilisés et leur décalage avec les réalités de terrain et les besoins des élèves. Ces arguments n’ont malheureusement pas été entendus et M. le recteur a rappelé que des moyens pour l’accueil d’élèves supplémentaires dans les lycées professionnels étaient débloqués. Elle a voté contre la carte mais s’est dite favorable à un travail pluriannuel associant les équipes, centré sur l’accès des jeunes à une offre de formation diversifiée sur l’ensemble des territoires.

Sur le volet de l’enseignement agricole, les représentants FSU ont dénoncé les baisses de moyens dans la plus grande région agricole de France, alors même que le nombre d’apprenant·es augmente. Ils ont insisté sur la nécessité d’une meilleure prise en compte, par l’Éducation nationale, des formations de l’enseignement agricole public dans les flux d’élèves, ainsi que sur l’importance de la communication à destination des familles concernant les possibilités de formation dans un secteur stratégique, où le renouvellement des générations impose la mobilisation de toutes et tous. Nous avons également interpellé les directions académiques sur la nécessité de protéger les enseignements, les personnels et les établissements des tentatives de pression et de la violence d’organisations cherchant à brider nos missions et l’ouverture des élèves à l’ensemble des pratiques agricoles et aux réalités environnementales. M. le SRFD a confirmé le soutien de la DRAAF aux établissements et aux personnels.

Enfin, vos représentant·es ont conclu sur l’importance des poursuites d’études pour les jeunes, sur les réflexions à approfondir sur ce sujet, tout en rappelant le manque de moyens dans les universités. Débloquer les moyens pour les politiques d’enseignement à tous les niveaux est une urgence.



LA DECLARATION LIMINAIRE DU SNETAP-FSU

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