AESH des Hauts-de-France :
comment les équipes éducatives peuvent-elles soutenir l’inclusion scolaire ?
L’inclusion scolaire en danger ?
En janvier 2026, le rejet par le Sénat d’une proposition de loi visant à créer un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH (Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap) a marqué un nouveau coup dur pour l’école inclusive. Dans les Hauts-de-France, cette décision politique s’ajoute à une précarité structurelle et à des dysfonctionnements institutionnels qui fragilisent l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Pourtant, les équipes éducatives ont un rôle central à jouer pour défendre les droits des AESH et garantir une inclusion scolaire effective.
1. Un rejet politique aux conséquences lourdes
Le 7 janvier 2026, le Sénat a rejeté une proposition de loi soutenue par la FSU et les parents d’élèves, qui aurait permis de créer un corps de fonctionnaires pour les AESH. Ce rejet, porté par la majorité sénatoriale et le gouvernement, révèle un manque de volonté politique pour renforcer l’école inclusive. Résultat : 148 000 AESH en France, dont beaucoup dans les Hauts-de-France, restent précaires, avec des salaires moyens de 850 €, des temps partiels imposés et une absence de perspective de carrière.
Pourquoi c’est grave ?
- Des conditions de travail qui découragent les AESH et fragilisent l’accompagnement des élèves.
- Des arguments gouvernementaux (contraintes budgétaires, rigidité administrative) contestés par la FSU, qui y voit un choix politique.
2. Dans les Hauts-de-France : une maltraitance institutionnelle
a) Réduction des heures et licenciements abusifs
Lors du CSA REA du 3 novembre 2025, une réduction des heures d’accompagnement a été annoncée, entraînant la suppression de 9 postes, dont 4 par licenciements. Pourtant, la note de service DGER/SDEDC/2024-525 du 18/09/2024, qui encadre ces pratiques, n’est pas respectée :
- Quotas horaires arbitraires (6h, 9h, 12h) imposés, en contradiction avec la note qui prévoit une évaluation des besoins par l’équipe éducative.
- Retards dans l’application des temps de service, avec des réductions brutales d’heures et des risques de licenciements.
Exemple emblématique : Les licenciements de 3 AESH à Lomme en janvier 2026, malgré l’opposition de la CCPR et l’absence de respect de la note de service.
b) Des pratiques discriminatoires
Certaines directions profitent de la précarité des AESH pour leur imposer des missions non justifiées :
- Rattraper des heures perdues pour les AESH élus au conseil d’administration.
- Participer à des journées portes ouvertes ou à des tâches hors de leurs attributions.
- Non respect de la note de service.
- Obliger les AESH à laisser leur élève accompagné pour remplir la mission d’assistant-lecteur scripteur pour les CCF.
3. Le rôle clé des équipes éducatives
D’après la note de service DGER/SDEDC/2024-525, c’est à l’équipe éducative de déterminer les besoins en accompagnement, en concertation avec les familles. Concrètement, cela signifie :
- Évaluer les besoins réels des élèves (via le GEVASco).
- Déterminer les heures d’accompagnement nécessaires.
- Veiller à ce qu’un AESH ne suive pas plus de 3 élèves en mutualisé.
Qui compose l’équipe éducative ?
- Direction, enseignant·es, AESH, CPE, personnels médico-sociaux et de santé (médecin, infirmière, psychologue, assistante sociale, scolaire), rééducateurs (Orthophoniste, Psychomotricien, Ergothérapeute, etc), éducateurs·trices spécialisé·es, etc.
Que faire si les règles ne sont pas respectées ?
- Saisir votre représentant·e SNETAP-FSU pour alerter et agir.
- Exiger le respect de la note de service et des droits des AESH.
- Saisir le registre Santé Sécurité au Travail si les règles ne sont pas respectées.
4. Les revendications du SNETAP-FSU
Pour une école inclusive et des AESH reconnus :
- Un statut de fonctionnaire de catégorie B.
- Une rémunération à temps plein (24h d’accompagnement).
- Une formation initiale et continue qualifiante.
- La reconnaissance pleine de leurs missions.
Conclusion : Agir ensemble pour l’inclusion
Les AESH des Hauts-de-France subissent une double peine : précarité et mépris institutionnel. Pourtant, les équipes éducatives ont le pouvoir d’agir pour défendre l’inclusion et les droits des AESH. Mobilisons-nous pour :
- Faire respecter la note de service DGER au sein de nos étblissements.
- Empêcher les licenciements abusifs.
- Soutenir les revendications du SNETAP-FSU.
Contactez votre représentant·e SNETAP-FSU pour agir dès aujourd’hui !
Pour aller plus loin :
