Le SNETAP-FSU a rencontré, le vendredi 31 octobre, Alain Rousset, président du Conseil Régional Nouvelle Aquitaine, pour évoquer la création d’une 6ème école nationale vétérinaire à Limoges.

Lors de cet échange, nous avons rappelé qu’une telle école est aujourd’hui une nécessité sociale, territoriale et stratégique tout en soulignant qu’elle ne peut ouvrir qu’à condition de respecter des exigences fortes.

Cette l’école doit être publique et répondre au même niveau d’excellence que les quatre établissements nationaux déjà existants (Maison-Alfort, Lyon, Toulouse, Nantes). Elle ne peut être conçue comme une simple « école régionale ». Son recrutement doit être national.

Pour le SNETAP-FSU la mise en œuvre d’une telle école de plein exercice est un projet à long terme, citant le précédent de l’école de Nantes qui a mis dix ans pour aboutir.

Pour le SNETAP-FSU, deux principaux éléments justifient cette création : d’une part, la pénurie de vétérinaires en France, particulièrement dans les zones rurales, qui touche non seulement le secteurs des animaux de rente mais aussi la recherche, la pharmacie ou la faune sauvage ; d’autre part, la faiblesse des effectifs de vétérinaires formé·es en France comparée à d’autres pays européens qui entraîne un risque pour la souveraineté sanitaire et alimentaire, d’autant que de nombreux·euses étudiant·es se tournent vers des écoles étrangères, de qualité diverse et sans ancrage territorial faute de place en France.

Le SNETAP-FSU souligne que cette situation creuse les inégalités sociales et territoriales, pour les étudiant·es et dénonce le choix politique d’ouvrir en 2023 une école privée pour répondre aux besoins en matière de formation vétérinaire. Une gabegie qui coûte, aux étudiant·es, entre 15 000 et 18 000 € l’année.

Le SNETAP-FSU a donc appuyé les propos d’Alain Rousset, pour qui une nouvelle école ne peut être portée que par l’enseignement agricole public. Un modèle privé conduirait à un accès réduit pour les étudiant·es les plus modestes et donc une sélection par l’argent, une recherche vétérinaire affaiblie voire inexistante, une formation fragmentée et une focalisation sur les filières les plus rentables au détriment de secteurs essentiels de la santé animale.

Le financement de cette école est un enjeu central du dossier. Le budget d’investissement annoncé par la Région (24 millions d’euros) nous semble insuffisant à ce stade. Nous avons aussi rappelé que l’État doit assurer le financement national de la création de cette école. L’enjeu est l’augmentation de la capacité de formation de vétérinaire en France. Celle-ci ne peut se faire à moyens constants à 4 ou à 5 écoles publiques, d’autant que le programme 142 est déjà insuffisant pour assurer les objectifs fixés aux quatre écoles existantes .

Un autre enjeu pour la région est l’attractivité de cette école qui devrait trouver sa place dans l’écosystème actuel.

Enfin, la structuration de la formation doit être à la hauteur de l’ambition affichée par la Région. L’école doit pour cela intégrer un centre hospitalier universitaire vétérinaire (consultations, hospitalisation, chirurgie, imagerie, laboratoire) et proposer des stages professionnels en partenariat avec le terrain.

La Région prévoit, « pour mettre un pied dans la porte« , l’ouverture d’une sixième année « complémentaire » dès 2026, orientée vers les étudiant·es formé·es à l’étranger. Pour le SNETAP-FSU le dossier doit être renforcé pour donner toutes les garanties pédagogiques et structurelles permettant d’atteindre l’objectif commun de réussite d’ouverture d’une 5ème école vétérinaire publique.

A l’issue de la réunion il a été convenu de nouvelles rencontres avec les conseillers du Président et les services techniques.

You are currently viewing Une 5ème école vétérinaire publique en Nouvelle Aquitaine