CSAU REA NOUVELLE AQUITAINE

28 SETEMBRE 2023

DECLARATION LIMINAIRE DE L’ELAN COMMUN

De nouveau une rentrée dans un climat de réformes incessantes incompatibles avec l’amélioration des conditions de travail des agents et du service public d’éducation. La réforme managériale du Pacte enseignant a commencé son œuvre de dislocation des équipes éducatives dans nos établissements et de mise à mal de nos statuts. Les remontées de terrain montrent que dans une grande majorité les briques distribuées n’amélioreront pas les conditions d’étude des élèves, les briques de remplacement par ailleurs sont très minoritaires. Rappelons-le, un.e enseignant.e, dont le métier est d’enseigner, travaille déjà 43 heures en moyenne. Ces primes distribuées à la tâche voudraient compenser de façon arbitraire et inégalitaire des missions que l’ensemble de la communauté éducative porte à son niveau. Ce procédé n’est qu’une nouvelle manœuvre pour imposer l’annualisation de notre temps de travail, à laquelle nous nous opposons. C’est bien cher payé pour obtenir un si piètre résultat et pour ne pas avoir à nous payer notre dû, à commencer par compenser les pertes dues à l’inflation depuis les années 2000.

La mobilisation des personnels, malgré toutes les promesses et les coups tordus de certain.e chef.fe de personnel, doit être écoutée et l’argent redistribué à toutes et tous. Car ce qui est en jeu, c’est aussi le collectif éducatif dont le travail au service des élèves ne peut se faire dans un climat de défiance ou les missions de chacun et chacune sont cachées et les inégalités de rémunération à la main d’une direction locale parfois défaillante. Quel contrôle de la DRAAF permettra le respect de la circulaire définissant le cadre de ce pacte permettra aussi d’assurer une certaine protection des chef.fes d’établissement ? À titre de comparaison la valeur de ces primes n’est pas négligeable, on est obligé de faire des appels d’offres ou des mises en concurrence pour moins que ça.  Il en est de même pour les formateur.rices des CFA et CFPPA dont l’administration refuse de pleinement assumer la responsabilité en refusant les revalorisations nécessaires à toutes et tous ainsi qu’un cadre protecteur pour leurs conditions de travail .  

Décidément dans cette période d’inflation ou les populations basculent dans la pauvreté, l’État donne un très mauvais exemple. Ces inégalités sont particulièrement criantes chez les AESH qui ne sont toujours pas reconnu.es pour le travail qu’elles et ils font. De même, chez les contractuel.les administratif.ves avec des responsabilités parfois importantes sur les budgets des établissements et les missions d’encadrement qui ne touchent qu’un salaire au mieux légèrement au-dessus du SMIC et ceci autant en catégorie B qu’en catégorie C. Ces personnels, pourtant essentiels au bon fonctionnement de nos établissements, sont ainsi fragilisés .

Pour revenir à l’ordre du jour, nous n’avons pas trouvé la trace de l’ambition de former 30% d’élèves en plus dans nos établissements pour répondre à l’enjeu de renouvellement des générations et de transition agroécologique annoncé par notre ministre. Pour nous la formation initiale scolaire doit être mobilisée, un plan de recrutement et de formation sur le temps de travail doit être engagé pour se mettre en bon ordre pour relever ce défis. Les moyens de communication doivent être donnés sous toutes les formes nécessaires aux établissements agricoles publics pour assurer la promotion de nos formations. Pendant ce temps M. Macron annonce la fermeture de 15 % des formations, soi-disant non insérantes, avec des procédures obscures et très territorialisées sans que les personnels de l’enseignement agricole ne soient informés de la manière dont leur établissement sera pris en compte ou oublié ou encore verront des conclusions tirées sur leurs formations sans avoir eu leur mot à dire. Il y a cette rentrée mais il y aura aussi les suivantes, la baisse démographique qui s’annonce doit nous interroger, notamment sur les flux d’élèves avec l’Éducation nationale. Nos établissements publics ont des atouts majeurs, ils doivent être pleinement intégrés dans la répartition de ces flux dans le cadre de l’enseignement public. Il incombe à l’autorité régionale de s’assurer dès maintenant que ceux-ci seront préservés.

Autre distorsion, alors que nous avons enfin fait entendre raison sur le report des épreuves de spécialisation pour les bacs généraux, le ministre Attal s’entête à vouloir imposer l’avancement des épreuves de bac professionnel. Il est plus que jamais important de rappeler que c’est une aberration pédagogique. Que cela revient à réduire encore les temps de formation et d’enseignement des jeunes et que c’est un gâchis terrible pour l’avenir et fait prendre un risque important sur les niveaux de formation futur des BTSA.

Concernant encore les réformes mal préparées, il est inconcevable de reporter la charge de travail liée au versement des compensations de stage aux élèves sur l’administration des lycées et/ou sur les équipes pédagogiques. Cette gestion s’annonce lourde et compliquée. Elle engage le maître d’apprentissage et une gestion des absences fines. Elle met les familles dans un situation d’attente, familles qui pourraient être ensuite déçues vis-à-vis de l’établissement. Pour beaucoup d’entre elles ces sommes ne sont pas négligeables. La charge de travail supplémentaire doit être pleinement mesurée, la sécurité juridique des agents assurée dans un cadre déontologique et légal clair. Les moyens en adéquation doivent être déployés.

Enfin nous regrettons d’avoir si peu d’éléments pour la préparation de la rentrée.

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