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CREA du 24 novembre 2025 : débats tendus et enjeux majeurs

Le des Hauts-de-France s’est tenu le 24 novembre 2025, avec un quorum atteint et des échanges animés. Plusieurs sujets ont marqué cette séance, notamment la , les effectifs et résultats des examens, et les difficultés financières des établissements. Voici les points saillants.

Report de l’approbation du PV CREA et du PREA

  • Le DRAAF a demandé le report de l’approbation du PV CREA en raison de modifications et de la perspective d’une réécoute demandée par l’Élan Commun et FO, suite à des désaccords sur la retranscription. Le PV CREA a finalement été retiré à l’unanimité (0 contre, 0 abstention).
  • Le PREA (Projet Régional de l’Enseignement Agricole) n’a pas été finalisé, notamment pour la partie enseignement public, qui n’a pas encore débuté.

Déclaration liminaire de l’Élan Commun

Lors de la séance, le représentant de la Région a vivement réagi à la déclaration liminaire de l’Élan Commun, contestant fermement les accusations d’opacité dans l’attribution des subventions, notamment celles destinées à l’enseignement privé. Pour lui, le terme « opacité » est inacceptable : « Il y a beaucoup de garde-fous, et cette région doit incarner l’excellence, car elle porte l’avenir de l’agriculture », a-t-il déclaré. Il a également justifié la légère baisse de la par les coûts énergétiques qui étaient élevés et qui ont ensuite diminués, désormais intégrés dans le calcul des dotations, tout en soulignant une « gestion sérieuse » des budgets.

L’Élan Commun a répliqué sans détour : « C’est votre constat. » Rappelant que plusieurs demandes d’audience sur la DGF sont restées sans réponse, tout comme celles concernant les modalités de calcul des transports scolaires, l’intersyndicale a maintenu ses critiques : « Nous n’avons pas accès aux documents globaux. Il faut fouiller dans chaque ligne budgétaire pour comprendre la répartition des fonds. Nous exigeons un tableau clair et précis », a insisté le porte-parole. « Vous refusez le dialogue avec l’Élan Commun », a-t-il ajouté, dénonçant un .

Un article de presse récent confirme cette tendance : la Région a acté une réduction de la DGF pour les lycées publics, tout en incitant explicitement les chefs d’établissement à se tourner vers des pour compenser les pertes. Une orientation qui interroge sur l’équilibre entre service public et dépendance aux partenariats privés, et qui renforce les craintes sur l’avenir de l’enseignement agricole public.

Article de France 3 Hauts-de-France (16/10/2025) : Financement des lycées publics : un changement de dotation par la Région qui divise dans les Hauts-de-France

Carte des formations : tensions et divergences

  • Contexte présenté par la DRAAF-SRFD :

    • Loi d’orientation et au cœur des débats.
    • et contraintes budgétaires (État, Région, établissements).
    • Urgence à adapter l’offre de formation aux réalités territoriales.
  • Débats :

    • Critères de recrutement : dynamique sur 3 ans et DGH par élève (79,9 h/élève en HDF, supérieure à la moyenne nationale).
    • Rôle des exploitations : certaines ne répondent plus aux besoins des territoires.
    • Dialogue social : accusations de manque de transparence et de concertation insuffisante avec les chefs d’établissement. Le personnel n’a pas été consulté, au nom d’un calendrier contraint, et le .
  • Décisions de la DRAAF-SRFD :

    • Gel de certaines formations (ex. : Seconde Sèche au Quesnoy).
    • Ouverture de classes de 3ème pour anticiper la baisse démographique.
    • Maintien de formations de niche (ex. : Vigne et Vin, Golf).
    • Report d’ouverture pour certaines filières (ex. : 3ème Agri à Saint-Omer, mise à l’étude seulement en 2027).

Lors des votes, l’Élan Commun et FO ont demandé une interruption de séance pour marquer leur désaccord avec la procédure en cours. Après concertation, les organisations syndicales de l’enseignement agricole public ont émis un « refus de vote » systématique pour toutes les propositions pour lesquelles les conseils d’administration (CA) n’avaient pas pu se prononcer, ces derniers se tenant après la CREA.

Cette position s’inscrit dans le respect du et la défense des droits de l’ensemble du personnel.

Il revient à la DRAAF, en tant que décisionnaire, d’assumer seule la responsabilité de ses directives descendantes. Nous refusons de cautionner des décisions prises sans concertation préalable avec les équipes éducatives et les instances démocratiques.

Ouvertures de filières : des décisions précipitées et sans fondement

La DRAAF-SRFD promeut activement l’ouverture des filières CGEA ainsi que des classes de 3ème et 4ème technologiques, justifiant ces choix, autres que le respect de la LOSARGA, par la nécessité de constituer un vivier d’élèves pour les formations ultérieures. Pourtant, aucune étude d’opportunité rigoureuse et approfondie n’a été réalisée pour en évaluer la pertinence. Ces décisions, prises sans analyse préalable sérieuse, soulèvent de lourdes questions sur leur viabilité et leur impact à long terme.

Cette approche improvisée ne peut qu’alimenter les craintes pour l’avenir de nos établissements. Dans un contexte de baisse démographique, l’Éducation nationale, contrainte de réduire ses moyens, déployera tous les efforts pour maintenir ses effectifs. L’enseignement agricole public, déjà fragilisé, se retrouvera alors en première ligne, victime de décisions prises sans .

Par ailleurs, l’idée floue et encore mal définie de développer des « » pour enrayer l’ et attirer davantage de bacheliers professionnels semble relever de l’utopie. Non seulement cette proposition manque de clarté, mais elle risque surtout de semer la confusion avec les bachelors non agréés déjà proposés par l’enseignement privé. Sans cadre précis ni garantie de reconnaissance, cette initiative pourrait aggraver les inégalités entre établissements et affaiblir davantage la cohérence de notre offre de formation publique.

Difficultés financières et gestion des moyens

Selon la DRAAF-SRFD :

  • Établissements en tension :

    • pour certains EPLEFPA.
    • Exploitations déconnectées de l’offre de formation.
    • Demande de fonds de roulement (60 jours au lieu de 30).
  • Répartition des moyens :

    • Augmentation des moyens pour l’enseignement agricole (+50 ETP), mais baisse pour les autres programmes (-50 ETP).
    • Critères de calcul : priorité à la cohérence régionale et à la souveraineté alimentaire.

Déclarations et positions de l’Élan Commun

  • Critique de l’opacité des subventions publiques attribuées à l’enseignement agricole privé et du manque de dialogue, notamment sur la carte des formations.
  • Demande de transparence sur les financements.
  • Demande d’une plus grande visibilité et d’un plan sur 3 ans pour les cartes de formations (sans quoi les conditions de travail deviennent anxiogènes).
  • Défense de l’enseignement agricole public.

Perspectives et prochaines étapes annoncées par la DRAAF-SRFD

  • Rencontres prévues :
    • 5, 6 et 7 juin 2026 à Terre en Fête.
  • Travail sur la carte des formations :
    • pour une .
    • Bachelor et formations Bac+3 à l’étude pour 2026.
  • Dialogue renforcé avec la Région et la DRAAF pour une gestion équilibrée des moyens.

Conclusion :

un enseignement agricole en mutation, mais un enseignement agricole public fragilisé

La CREA du 24 novembre 2025 a révélé les tensions et les défis auxquels fait face l’enseignement agricole en Hauts-de-France. Entre baisse démographique, adaptation des formations et gestion des moyens, les acteurs doivent travailler ensemble pour garantir un avenir durable à la filière, selon la DRAAF-SRFD et certains membres du CREA, dont le CFTC.

Dans ce , c’est une fois de plus l’enseignement agricole public qui en paie le prix. Les personnels, déjà soumis à des , se retrouvent privés de toute visibilité à moyen et long terme. Pire encore, leurs voix ne sont même plus entendues dans la préparation des instances régionales, réduisant à néant les principes mêmes du dialogue social.

Comme l’ont souligné les secrétaires généraux du SNETAP-FSU dans Le Café Pédagogique : « L’enseignement agricole public doit disposer d’un budget qui conforte le service public et accompagne tous les élèves vers la réussite. » Pourtant, force est de constater que les réalités budgétaires et les décisions imposées s’éloignent chaque jour davantage de cette ambition, sacrifiant l’avenir des établissements publics et de ceux qui les font vivre.

Article Le Café Pédagogique du 4 décembre 2025 :  Un enseignement agricole public fragilisé : les parlementaires interpellés

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