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LE CAMPUS THE LAND DANS LA TOURMENTE

Cinq heures de CREA, sans pause. Cinq heures de débats où les sujets épineux se succèdent, où les langues finissent par se délier. Et au milieu de tout cela, un nom revient, comme un symbole : The Land.

Le campus “innovant” de l’enseignement agricole breton, né il y a cinq ans dans un enthousiasme bien orchestré, n’est plus. Une assemblée générale a scellé sa fin le 4 novembre, laissant derrière elle  1.2 millions de déficit sur l’exercice 2023 2024 (estimés à 2 millions aujourd’hui)   et bien des questions.

En CREA, ce mercredi, un point d’information a été demandé par les syndicats du privé. Le constat est tombé, laconique : “The Land, c’est terminé.”
Les trois lycées privés du CNEAP reprennent leur nom d’origine, Saint-Exupéry, et se séparent de la formation supérieure et de son directeur. Le vernis de modernité s’effrite ; les réalités financières reprennent leurs droits.

Mais au-delà du constat, c’est la genèse même de cette structure qui interroge. Comment un “mariage du privé sous contrat et du privé hors contrat” — selon les mots mêmes du représentant institutionnel — a-t-il pu être possible, et toléré, dans un système qui revendique haut et fort son rôle de service public de formation agricole ?

Cinq ans d’existence, des alertes répétées, des signaux rouges ignorés, et tout cela à trois rues de la DRAAF.  

Derrière The Land, il y avait un projet porté par le CNEAP  : ruralité moderne, innovation, attractivité, entrepreneuriat,communication tapante, et au final, un déficit abyssal dont personne ne semble vouloir assumer la paternité.

Aujourd’hui, on “sauve Saint-Exupéry”. Mais sauver ne veut pas dire oublier.
 Les langues se délient, un peu. Il faudra qu’elles continuent à le faire.
Car si The Land disparaît, les mécanismes qui l’ont rendu possible, eux, demeurent.