Dans un contexte de forte mobilisation contre les coupes budgétaires visant l’Enseignement Agricole Public (EAP), la DRAAF a réuni les organisations syndicales en CSA exceptionnel pour leurs présenter les derniers arbitrages et la ventilation de la DGH. Le constat est sans appel : les baisses de moyens vont frapper de plein fouet les établissements publics de la région dégradant les conditions d’emplois, d’enseignement et de travail. A l’inverse les établissements privés du CNEAP voient leur dotation augmenter. |
😡 En 2025, la DGH des 38 établissements publics de Nouvelle-Aquitaine passe à 725 788 heures, contre 730 600 heures en 2024. Environ 1200 heures ont été réservées pour permettre de répondre aux variations imprévisibles et aléas de la rentrée. Cette marge de manœuvre extrêmement modeste impose une gestion au plus serrée en lien direct avec les effectifs , alors même que les réformes (comme celle du Bac Pro) rendent les organisations pédagogiques et humaines encore plus complexes et fragiles.
😡Les quatre établissements ciblés à cette rentrée, Blanquefort, Bourcefranc, Niort et Surgères voient leurs moyens réduits actant les décisions prises. Seul un meilleur recrutement, hypothéqué par ces annonces, permettrait de demander une révision de leur dotation. Surgères, établissement de l’agroalimentaire (farine et lait), est une victime emblématique de la contradiction entre ces choix et les objectifs affichés de la loi d’orientation agricole qui entend répondre aux enjeux agricoles et agroalimentaires notamment en terme de formation. La DRAAF annonce une réunion à venir pour redynamiser cet établissement avec l’ensemble des acteurs régionaux de son écosystème. Nous serons attentifs à ce que les personnels soient écoutés mais cela démontre que les décisions nationales fragilisent durablement ces structures, sans leur donner les leviers pour se développer.
😡Ces baisses auront des conséquences directes sur l’emploi et les conditions de travail : suppressions de postes par non-renouvellement des titulaires partant à la retraite, baisse des quotités pour les contractuel·les, échanges de services entre centres de l’EPL, complexification des emplois du temps… Le tout s’accompagnant d’une perte de savoir-faire dans nos cœurs de métiers (agroalimentaire, aquaculture, horticulture, viticulture) et se réalisant dans un silence inquiétant.
Pendant ce temps, que constate-t-on ?
🤜 +5 ETP pour l’enseignement privé temps plein (confessionnel) en Nouvelle-Aquitaine (qui ne représente que 20 % des effectifs), pendant que l’enseignement public voit ses moyens amputés. La DRAAF rappelle qu’elle n’intervient pas dans ces choix : c’est bien le national qui opère ces transferts.
🤜 Sur le développement des Bachelors, même logique : des établissements privés (MFR, ISNAB-IFRIA) sont soutenus, sans véritable cadrage national ni régional, et en concurrence directe avec les établissements publics, qui, eux, accueillent tous les publics.
🤜 Enfin, aucune garantie que les heures réservées soient réellement redistribuées aux établissements publics. Le SNETAP-FSU restera particulièrement vigilant sur ce point.
